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Littérature pour conjurer le trouble, le vertige de cette explosion ! oui !! virtuellement infinie d'images, (nous sommes tous des crapules) pour retrouver un fil conducteur (Ariane!--Au secours !!) dans ce labyrinthe de nos défaites. Que la fête à venir ne soit pas pour oublier le mal mais pour illustrer nos victoires ! ... P.S. : Je vous aime !

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombrelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Rimbaud, Arthur
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mercredi 23 février 2011

Fleurs de Chine

Je sens déjà venir les prémisses du printemps, les températures se réchauffent par moment. Le soleil se lève avant les sept heures du matin maintenant, je me réveille dans la lumière... Bien sûr le froid s'accroche, quitte et revient précipitamment. Il n'est pas rare de vivre l'équivalent thermique de trois saisons en une seule journée... Mais il n'est pas encore temps de sortir ma bicyclette. Alors en attendant, je reste chez moi à explorer des univers quelquefois étrangers.

Je veux parler aujourd'hui d'un livre qui m'a beaucoup ému. Fleurs de Chine de Wei Wei, une merveille de roman en morceaux. Les chapitres narrant les histoires de vie d'autant de femmes, diverses, de Chine, portant chacune le nom d'une fleur. J'ai souvent pleuré.

Wei Wei est est née au Guangxi, dans le sud de la Chine, donc, en 1957, soit un peu avant la grande famine qui est venue sanctionner la politique catastrophique de la période dite du "grand bond en avant". Elle a subi la "révolution culturelle" en rééducation à la campagne mais après des études de français, elle a réussi à aller vivre à Paris, puis ensuite en Angleterre, près de Manchester. Elle persiste à écrire en français, et avec, je dirais, un talent éblouissant.

Mais ce ne sont pas les grands effets de styles qui m'ont retenu dans ce livre. Humble toute entière l'écriture se met au service du dévoilement de ses personnages. Ceux-ci, des femmes de Chine, présentées à différentes époques de leur vie et dans le contexte de la situation globale souvent tourmentée de cette torturante histoire de la Chine au vingtième siècle, prennent vie sous nos yeux et leur cœur nous est révélé, dans son ingénuité mais aussi dans son incroyable résilience et l'émotion est toujours poignante, du moins pour moi, qui me veut ami de la Chine mais surtout amoureux de ces femmes de Chine, qui sont à mes yeux les plus désirables du monde.

Ma participation à ce livre, par une empathie intense, a certainement été aidée par l'expérience de quelques histoires d'amour avec mes correspondantes de l'autre bout du monde. J'ai aussi apprécié l'habileté de la construction du livre composé de ces divers récits. Magnolia, enfant-fleur du plateau de Lœss, berceau de la Chine antique, à la recherche de sa sœur, amoureuse ayant fui avec son amant le village aux conventions traditionnelles, soit étouffantes, une contrainte matrimoniale viscéralement insupportable, cette petite sœur nous apprend que le fameux dragon, rutilant de toutes ses écailles, est le Fleuve Jaune lui-même, finalement, qui charrie le riche limon de ce grenier où l'on cultive, au prix d'un très dur travail, le riz pour nourrir une immense population. C'est la source de la vie de tout un peuple, mais aussi l'esprit descendu sur les eaux, le reflet, quelque part, de la volonté même du Ciel.

Ketmie, tout à tour fleur-solitude quand elle peine à se libérer d'un mariage devenu indifférent, fleur-liberté lorsqu'elle s'invente une autre vie, fleur voyageuse, fleur-errante et fleur-cerf-volant lorsqu'elle déploie ses ailes, constitue un lien entre toutes ces histoires. Elle les a recueillies et commentées, sur la trace des drames du passé, de joies aussi, oh, inexplicable joie! en tant que photographe et journaliste, écrivaine finalement, qui est comme un reflet de l'auteur.

Chrysanthème, fleur-soldat de l'Armée rouge qui se compte au nom des rares survivants parmi ceux qui entreprirent la Longue Marche, nous fait partager son calvaire, les péripéties ultérieures aussi, puis la difficile rédemption, et enfin la vieillesse...

Gardénia illustre les conditions, exécrables, bien sûr de détention du tout venant lors de la révolution culturelle et jusqu'en 1973, après cinq ans sans jamais avoir été jugée, puisque emprisonnée pour une vétille, comme beaucoup d'autres en ce temps-là. Les familles détruites, les fils que l'on tente, après la catastrophe, la longue souffrance, de renouer. "La vie continue, vous voyez, malgré tout." (p. 170)

Armoise, la vieille tante, qui avait été une enfant ramassée sur le bord de la route, sauvée par une famille qui avait perdu les siens... et les obscures vois du désir. Orchidée la marchande d'âge mûr, elle aussi contemplant son passé, et philosophant sans le savoir, la simple sagesse, grave, d'une vie vécue, dans les tourmentes de la grande histoire où les personnes balayées comme des fétus de paille tentent simplement de s'accrocher :

Je m’assieds sur une pierre grise. Le vent embaumé d’encens me caresse le visage et les bras nus. Il y a toujours du vent ici. C’est très agréable. À travers les troncs bruns des pins je peux voir la colline d’en face. Ses versants sont recouverts d’une végétation touffue, son sommet est dominé par une pagode à neuf étages. Je viens ici une fois tous les deux ou trois mois, quand j’en ai marre des bruits et des odeurs de la ville. J’aimerais pouvoir venir plus souvent. Du temple s’exhale toujours une paix indescriptible, et ces moments de calme me sont indispensables à la décantation des choses de la vie. Non, je ne m’attendais pas à rencontrer Lusheng aujourd’hui. Mais avoir parlé avec elle m’a permis de mettre derrière moi un passé pénible, de tourner cette page, définitivement. Oui, j’ai été réhabilitée en 1978. On m’a rendu ma carte de membre du Parti. Je l’ai encore. Mais ce n’est plus par conviction. J’ai cru jeune à la cause communiste, sincèrement, naïvement, passionnément. J’ai vécu pour elle. Je n’y crois plus. Justice sociale, je travaille pour tous et tous pour moi, pas de faim, pas de misère, études gratuites, soins médicaux gratuits, enfance protégée, vieillesse soutenue, chacun sa place dans la société, tout le monde égal, tout le monde riche, tout le monde heureux… Tout cela est très beau. tout cela est très noble. Mais à l’usage, ce n’est pas du tout la même chose. Peut-être que c’est trop beau. Peut-être que c’est trop noble pour la nature humaine. Je ne sais pas. Je n’y crois plus. Je viens régulièrement brûler de l’encens au temple, mais ça, c’est peut-être moins par conviction que par un besoin impératif. Quand tout s’écroule autour de moi, je m’accroche au bras compatissant de Bouddha, par instinct de survie. comme on s’accroche à tout ce qu’on peut dans un naufrage. Je ne pense pas que je crois vraiment à une vie future après la mort, à un recommencement au-delà de la fin. En approchant de mes soixante-dix ans, je recherche plutôt une sagesse pour mieux vivre la vie qu’il me reste encore à vivre. Pour être en paix à l’intérieur de moi-même. Bref, pour être bien dans ma peau, et dans mon cœur.


Cela n’a l’air de rien, mais je pourrais souscrire à presque tout ce qui est énoncé ici. Seule la croyance est différente. Je me fais une religion influencée principalement par l’hindouisme rénové par Aurobindo. Du bouddhisme je retiens surtout certaines pratiques méditatives et un sens aigu du néant. Les deux courants considèrent que notre réalité n’est qu’une forme particulièrement endurante et comme solide d’illusion. Il faudrait s'en libérer...

Jasmin nous dit : "J'ai épousé Ming parce qu'il m'avait violée. Incroyable ? Mais c'était comme ça." Délaissée par son mari, elle gagnera beaucoup d'argent à la Bourse et trouvera un amant Anglais et le courage de divorcer. Azalée et Qihui, des histoires tragiques et inoubliables.

À la fin le dragon, omniprésent qui plane sur tous ces gens, est un cerf-volant qui s'envole :

Soudain le dragon se met à grimper en mugissant. Tu t'arrêtes, à bout de souffle, au bord de l'eau. Le moulinet tourne et tourne fébrilement dans tes mains, tandis que le dragon s'élève de plus en plus haut. tu te cramponnes au moulinet contre la terrible force de l'animal qui, furieux d'être retenu, tire le fil par saccades brutales.
Tu lèves la tête et regardes. Arrosé de la lueur prodigieuse de la lune et voguant entre les étoiles, voilà le dragon, triomphant, impérial, épanoui dans toute sa gloire. Tu es bouleversée. Jamais tu n'as rien vu de plus beau.
Fen Fen et Vieux Lin viennent s'arrêter près de toi, haletants, excités.
Vieux Lin sort le canif de sa sacoche, et, d'un coup sec, coupe le fil.
Va! dit-il d'une voix pleine de tendresse.
Le dragon s'élance. Il vole contre le vent, il danse, il secoue sa tête orgueilleuse.
Suffocant d'émotion, tu le suis du regard. Dans un instant, le dragon sera hors de vue. Non. Il ralentit. Il amorce un demi-tour. Il reprend de la vitesse et, braquant vers la terre, fonce droit sur toi.
Tu ne respires plus. Tu entends ton cœur galoper comme un cheval débridé.
Une seconde plus tard, le dragon passe à quelques centimètres au-dessus de ta tête, effleurant tes cheveux de sa longue gueule béante, te fait tressaillir. De longues minutes durant, le dragon riant plane au-dessus de ton visage tendu, puis, tout à coup, il secoue ses reins et darde à nouveau vers le firmament.
Emporte toutes nos maladies ! crie Vieux lin. Emporte tous nos malheurs !
Emporte toutes nos maladies ! répétez Fen Fen et toi. Emporte tous nos malheurs !
Le dragon vole vers le zénith. Il s'éloigne avec une telle rapidité qu'il devient bientôt un petit point sombre. C'est alors qu'un formidable grondement de tonnerre se fait entendre. La voûte profonde semble remuer. On dirait un tremblement de ciel."

Wei-Wei, Fleurs de Chine, éditions de l'aube, 2001, 505p.

vendredi 18 juin 2010

solstice

solstice this is like daylight wall to wall I have trouble in my soul and my mind isn't clear as all day some heavy weight has strengthen his fist wrapping around my heart I think that maybe soon I am going to die while it would be so nice to live but with this evading love this love which had my heart broken first serious crack happened at the other solstice winter with long nights those have invaded my heart if sometimes I felt weak I wasn't so much but felt heavily particularly at that moment with huge solar eclipse sometimes doubting and vacillating but nevertheless encouraged on long longing path for a new life with hope in spring the rite with bloody sacrifice now I am weak and don't even know how I feel if I survive this solstice I will not erase memories but this mood I must maybe I will try to play this game try to continue with other players the game I could not continue with You but rules will change not only circumstances feelings will change and it will not be the same game at all such was so serious that I almost lost my mind and all my senses when huge knife of jealousy splat my heart in two parts two part to suffer the same pain of this serious injury now I regain my quarters on bicycle here I came in city library to borrow some books and I will drink and I will write pretending to be happy but when I look into mirror I am afraid what I see the face I show by those heavy days full of winds and some rains and often full of sunshine I can't escape all this light and burning rays Apollo pursue my poor being with his vengeance but for what sin? and this is so hot in my place under the roof when the sun insists so I have to move my sorrow away or starve there if I die please burn me to hashes give it to the wind give it to the river and give my books my wells to the poor for there is a hole in my heart since you are gone would had it be better if I never knew You? this I will never know love is a cruel game and sex folly this day will never end it seem nor my sorrow cao qi tried to explain to me that we should not aim to possess those angels and keep for ourselves those are helping hands belonging to everybody to admire and praise I will try to help some others chosen beloved just to be good to earn and prepare better karma bo your waves are tentative and need amplified thoughts and cares life goes one as we said but love is not always everywhere and so often denied and hidden shy or dominated alienated angels are for everybody not for me fallen

mercredi 17 mars 2010

La Chine m'inquiète --Jean-Luc Domenach, Éd. Perrin, coll. Asies

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Les nouveaux fondements du régime

La sortie du totalitarisme - Une recette chinoise : l'autoritarisme relâché - Naissance d'une opinion publique ? - Au pays des micro-climats - Les serfs sont devenus des individus ! - Une nouvelle lutte des classes ? - La classe plouto-bureaucratique - L'énigme centrale de la Chine post-maoïste

La sortie du totalitarisme

Contrairement à des stéréotypes bien établis, le régime politique chinois s'est à la fois renouvelé et consolidé : il y paraît peu probable que de graves difficultés y trouvent naissance. Le fait essentiel est la sortie, non pas du communisme, mais du communisme totalitaire : le pays demeure certes dirigé de façon dictatoriale par un Parti communiste, mais cette dictature ne se donne pas autant de pouvoir sur les homes et sur les choses qu'autrefois le régime maoïste.
La manière dont Deng a sauvé le régime que les délires maoïstes avait plongé dans la désordre et l'inefficacité est aujourd'hui connue. Une fois revenu au pouvoir en décembre 1978, il a immédiatement promis de concentrer ses effort sur une croissance concrète, et pris de premières mesures en faveur des revenus. Pour consolider la confiance que son prestige lui valait, il a d'emblée supprimé les aspects les moins supportable du totalitarisme maoïste et libéré de nombreux prisonniers politiques. Puis, dans les années 1980, tout en réaffirmant le monopole politique du PCC, il a institutionnalisé le régime, décentralisé l'économie, démantelé les communes populaires et autorisé l'émergence d'un secteur on étatique. Cette transition graduelle a paru menacée par les événements tragiques de Tian'an-men en 1989. Mais, au lieu de se laisser emprisonner politiquement par la répression sanglante qu'il avait ordonné, Deng a su en profiter pour accélérer les réformes économiques et l'ouverture sur le monde sans que quiconque dans le PCC puisse craindre que les "ennemis de classe" en tirent profit.
Deng accordait la priorité au développement économique dans le but de sauver le régime communiste et de l'inscrire dans la durée. Mais, pour remettre au travail la population, il fallait mettre fin à son étouffement. Le passage du totalitarisme à ce que l'universitaire américain Minxin Pei appelle une "autocratie développementale" a donc entraîné une transition de la terreur de masse à une répression de plus en plus sélective et à un contrôle plus souple.(1) Après trois décennies, les résultats sont considérables.
Les prisons et les camps de travail n'abritent aujourd'hui qu'une faible minorité de prisonniers politiques -probablement quelques milliers : autant de trop, certes, mais cela ne place plus la Chine parmi les leaders mondiaux de la répression. Le goulag chinois n'a pas été démantelé et la situation varie suivant les lieux entre le très mauvais, le mauvais et le presque correct, mais l'arbitraire recule et l'espace d'application de la législation officielle s'élargit.
(...)
Le changement fondamental est que le Parti communiste a abandonné toute ambition de transformation globale. Les campagnes de masse se sont espacées et affaiblies, le quadrillage de la population s'est relâché et la surveillance de la vie privée a été abolie en milieu urbain. C'est ainsi que le premier octobre 2003 a été supprimé à Pékin (après la plupart des autres villes), dans l'indifférence de presque toute la presse étrangère, un ressort essentiel du totalitarisme : l'obligation pour les candidats au mariage de présenter un certificat de bonne conduite dressé par leur unité, qui assurait aux comités du Parti un pouvoir sur la vie privée -- de fait, les mutations de l'habitat et de l'organisation économique en réduisaient de plus en plus l'application. Peu après, tous les citadins ont reçu le droit à un passeport sans certificat préalable de la police ou de l'employeur. Ces deux mesures ont symbolisé la sortie définitive du système totalitaire.
Mais cette évolution positive n'a pas empêché une augmentation massive des violations des droits sociaux qui est due à l'importance nouvelle de l'économie et donc de l'argent pour les cadres communistes.
La situation difficile des femmes chinoises est en effet largement due au fait qu'elles sont l'objet de commerces de toutes sortes. Cette situation est très mal connue à l'étranger car elle est peu apparente et souvent niée en Chine, y compris par les intéressées. Pourtant, ce pays est à la fois l'un des rares où les femmes se suicident en plus grand nombre que les hommes, où la proportion de femmes parmi les responsables de toute catégorie est la plus faible et où les ouvrières subissent la domination la plus brutale(2). Cette situation est entretenue à la fois par les habitudes prises avant le communisme, par les "novations" de l'ère maoïste (qui n'a libéré la femme que comme travailleuse) et par la "marchandisation" récente du sexe féminin. Mais il est certain que les autorités publiques, surtout dans les villages, portent une très lourde responsabilité en la matière.
En outre, c'est en tant que travailleur que le citoyen chinois est aujourd'hui le plus mal traité. Malgré la campagne de presse organisée durant l'été 2007 par les autorités et la publication des peines qui ont été infligées aux entreprises, rares sont celles qui respectaient alors la législation officielle. Quatre entreprises sur cinq ne signaient pas de contrats de travail avec leurs employés avant qu'une loi ne fût adoptée, applicable en janvier 2008 -- mais les entreprises s'emploient d'ores et déjà à la tourner : du moins sont-elles désormais dénoncées par la presse. L'irrespect de la législation contribue à expliquer le nombre incroyable des accidents du travail -- 127 000 décès en 2005 -- et le mécontentement ouvrier qui règne dans plusieurs secteurs industriels, en particulier celui des mines : en de nombreux endroits, particulièrement au Shanxi, les fonctionnaires locaux investissent à titre privé dans des mines de charbon illégales où les accidents sont fréquents et meurtriers. Cependant, les employés osent rarement s'organiser car ils sont surveillés par des nervis au service des patrons. Les entreprises s'arrogent en effet souvent des pouvoirs de police (...). Les travailleurs migrants sont soumis à des traitements autoritaires, voire à des formes d'esclavage, ainsi que l'ont montré plusieurs scandales en 2007. Dans tous ces cas, les entreprises bénéficient de la complicité des autorités locales.

Une recette chinoise : l'autoritarisme relâché

De la période maoïste, il reste certes quelques traits inimitables. Ainsi kes dirigeants logent-ils dans le même parc impérial qu'avaient occupé Mao Zedong et ses compagnons en 1949, à deux pas de la Cité interdite. Seuls de rares visiteurs y sont admis et les plus hauts responsables n'accordent jamais d'interviews. Et pourtant, le régime a réduit ses objectifs politiques -- il promet que la Chine restera plus de cinquante ans dans la "phase primaire du socialisme". Le principe de nationalisation du sol a perdu de sa substance en ville, où l'on est en principe propriétaire pour soixante-dix ans. De plus, les autorités ont décollectivisé toute la production agricole et dénationalisé, pour plus de la moitié de leur production, les autres branches d'activité -- en conservant bien sûr la domination des secteurs essentiels et la maîtrise indirecte de l'ensemble de l'économie...
Le contrôle politique sur le corps social n'a pas disparu, mais il s'est relâché. Sont encore réprimés les activités d'opposition, son les opinions individuelles, lesquelles circulent librement dans l'espace familiale et, avec quelques précautions, dans le cercle des amis et des collègues. Il en va autrement de la publication des opinions non conformes. Le contrôle du cinéma, de l'édition et de l'information est constant et sophistiqué, quoique beaucoup moins étroit que par le passé. Chaque projet de film doit être soumis à l'avance aux autorités ; seuls vingt films étrangers par an reçoivent une autorisation de diffusion, mais la censure est moins dure dans l'ensemble. L'édition, elle, est beaucoup plus diverse et ouverte à la littérature étrangère, En 2005, plus de deux cent mille nouveaux titres ont été publiés, soit une progression globale de 6,8% - et de 20% dans les sciences humaines et sociales. De plus en plus de livres contribuent à la mémoire de la Chine ancienne et à celle des héros fondateurs du régime mais aussi au souvenir des souffrances récentes, et en particulier des tragédies familiales(3).
De même, le régime maintient un contrôle de l'information solide et le concentre sur un certain nombre de secteurs stratégiques : les titres de première page, les éditoriaux et les journaux télévisés -- tous les mêmes ! Ce contrôle est si puissant et si omniprésent qu'il ne nécessite généralement pas de mesures répressives. Les emprisonnements de journalistes que dénoncent les organisations de défense des droits de l'homme -- et qui touchent une trentaine des cinq cent cinquante mille journalistes chinois -- sont en général des règlements de comptes commandités par des mafias locales. De fait, la presse critique de plus en plus souvent les erreurs des autorités provinciales : ainsi a-t-on vu à l'automne 2006 celles du Fujian laisser éclater leur colère contre l'agence Chine Nouvelle pour ses reportages jugés négatifs sur la façon dont elles avaient dirigé la lutte contre de graves inondations.
En outre, le contrôle de la presse fonctionne dans chaque organe à travers des circuits hiérarchiques qui laissent leur place aux rivalités de personnes, aux désaccords professionnels et aux nuances éditoriales. Si donc l'information est en général biaisée, c'est de façon inégale. Elle laisse percer des fragments de vérité qui permettent aux lecteurs ou aux auditeurs de se former un jugement (...).
Il arrive même de plus en plus souvent que le pouvoir central trouve avantage à la révélation de certains scandales locaux. Ainsi, en janvier 200, c'est un quotidien du Sichuan qui a révélé le scandale du sang contaminé au Henan et, dans l'été 2007, des journalistes ont "sorti" une affaire d'esclavage industriel. Mais la liberté ainsi concédée est réduite et transitoire. (...)
Les nouveaux moyens d'information sont bien plus difficiles à contrôler. Récemment, à Davos, le PDG de China Mobile révélait ingénument qu'il fournit aux autorités toutes les informations qu'elles demandent sur ses clients. On sait par ailleurs que la propagande officielle peut dans beaucoup d'endroits être automatiquement diffusée sur les téléphones portables. Mais il paraît tout de même difficile de surveiller les SMS et les conversations des six cent millions d'usagers, et l'expérience prouve que de nombreuses protestations populaires sont organisées grâce aux téléphones portables(4).
Il en est de même pour internet, dont les usagers sont environ quatre cent millions. Sans doute les autorités se sont-elles dotées, a l'intérieur du bureau d'information du Conseil des affaires de l'Etat, de remarquables équipes techniques qui ont été capables en octobre 2007, durant quelques heures, de bloquer les moteurs de recherche américains de Google, Yahoo et Live pour réexpédier automatiquement les internautes sur le site du moteur chinois Baidu. Mais les manœuvres de ces derniers sont adroites et sans cesse renouvelées. Les campagnes de répression n'en sont que plus brutales : fermetures de cybercafés, destruction de certains sites ou d'adresse électroniques, descentes de police... Les protestation internationales contre les tentatives récurrentes du pouvoir chinois d'affirmer son contrôle et d'intimider les sites étrangers ne doivent pas cacher, cependant, que la Toile chinoise est devenue une extraordinaire fenêtre sur le monde en même temps qu'une vraie plate-forme d'opinion.
Sur cette scène mouvant et multiple se préparent sans doute les grandes mutations de l'avenir. D'après une enquête récente, 53% des internautes chinois estiment s'y exprimer plus librement que dans la vie réelle et 50% reconnaissent que l'usage d'internet a modifié leur personnalité(5). Les autorités le savent et s'inquiètent des mutations souterraines de l'état d'esprit populaire. C'est sans doute à ce phénomène que Hu Jintao faisait allusion quand il s'est plaint dans son rapport au XVIIe congrès du PCC en octobre 2007 que "nos succès... ne répondent pas toujours aux attentes du peuple... les gens sont aujourd'hui plus indépendants, plus sélectifs et plus changeants.".
Comme ailleurs, donc, internet est en Chine un espace d'information et de socialisation, mais aussi de circulation des opinion. Des mobilisations spontanées s'y produisent, soit sur les inquiétudes sociales du moment (par exemple le coût des logements dans l'été 2007), soit très souvent sur des thèmes nationalistes (...). Le courrier électronique permet aussi la constitution de listes d'interlocuteurs qui sont autant d'amorces d'associations : j'en témoigne, pour avoir été membre de plusieurs d'entre elles, dont les animateurs sont surveillés, certes, mais n'ont jusqu'à présent pas été sérieusement inquiétés. Les blogs se multiplient et la plupart de leurs auteurs parviennent à rester anonymes. Au total, ce sont des masses d'informations qui circulent par ces canaux. Face à ces phénomènes massifs, l'arrestation d'une cinquantaine de cyberdissidents est un fait scandaleux mais secondaire.


__________
1. Cf. Mixin Pei, China's Trapped Transition, the Limits of Developmental Autocracy
2. Cf. Pun Ngai, Made in China : Women Factory Workers in a Global Workplace, Hong Kong, Durham et Londres, Hong Kong University Press et Duke University Press, 2005.
3. Elles sont admirablement restituées dans la revue Lao Zhaopian ("Vieilles photos"), que l'on trouve dans toutes les bonnes librairies chinoises.
4. AFP, Pékin 27 janvier 2008.
5. Aujourd'hui la Chine, 27 novembre 2007.

lundi 15 mars 2010

Sagesses chinoises

UNE VISION DU MONDE RÉARTICULÉE PAR L'IDÉOGRAPHIE

La clé de toute culture est la langue dans laquelle celle-ci s'exprime et qui est l'instrument primordial de sa manière de déchiffrer le monde. Pour la Chine, cet instrument a été très savamment réélaboré dans une écriture idéographique raffinée, au point que la langue naturelle a été transmuée dans ce que l'on peut à bon droit considérer comme une langue graphique sui generis.

Une écriture idéographique

En Chine, l'écriture fut inventée à l'époque des Yin (les trois derniers siècles de l'avant-dernier millénaire av. J.-C. marquant la fin de la dynastie préhistorique des Shang) par les devins en vue d'enregistrer des protocole de divination. La divination en usage était une forme particulièrement sohistiquée de scapulomancie(interprétation des os éclatés à la chaleur), pratiquée sur des omoplates de bovidés ou des écailles de tortue, sur lesquelles furent dès lors directement notées les protocoles de divinisation sous forme de courtes notices caractéristiques de ce que l'on appelle les inscriptions oraculaires. Le lexique de ces inscription comporte près de quatre mille idéogrammes. Une telle quantité de graphies n'aurait pu être maîtrisée sans une rationalisation très poussée du sustème de l'éciture idéograpique. Les devins y réussirent si bien que, à la différence des autres écritures, qui ont toutes évolué de l'idéographie à l'écriture alphabétique, l'écriture chinoise a achevé de se perfectionner dans sa forme idéographique, qu'elle a conservée jusqu'à nos jours.

Ce perfectionnement a été opéré par le moyen d'une remarquable réorganisation de la structure des graphies, toutes ramenées à une combinaison de guère plus de deux ou trois des quelques deux cents strutures graphiques identifiées comme élémentaires, qu'on peu appeler sous-grpahies. Ces sous-graphies sont elles-mêmes composées d'un petit nombre de traits de pinceau (trait horizontal, trait oblique de droite à gauche, trait oblique de gauche à droite, trait en crochet..., en tout huit traits de pinceau) dégagés comme pertinents par Cui Ziyi (fin du IIe siècle - début du IIIe siècle de notre ère), un des premiers spcialistes de l'analyse de la calligraphie. De plus et surtout, la recomposition de chaque idéogramme a été traitée de manière à faire apparaître une de ses sous-graphies comme radical sémantique (significatif de telle ou telle classe de choses : eau, air, feu, arbre, main, etc.) et une autre comme discriminant phonétique (indiquant plus ou moins exactement la prononciation de l'idéogramme par celle, similaire, d'une autre graphie).

À travers cette systématisation de tout le corpus des idéogrammes (qui a fini par s'élever à quelque cinquate milliers, quoique jamais plus du dixième n'ait été usuel), c'est tout le lexique des mots de la langue, que les idéogrammes précisément servent à représenter, qui a été restructuré. Et comme la syntaxe même du discours noté idéographiquement est restée profondément marquée par l'extrême concision et le parallélisme (la parfaite symétrie terme à terme de deux propositions couplées) des formules oraculaires originelles, s'est en définitive opérée dans la Chine ancienne la formation d'une langue graphique spécifique, bien plus éloignées de la langue parlée que ne l'est en général la langue écrite.

Lillérature, calligraphie et peinture

Lorsque, après Confucius, au terme de près de dix siècles d'usage purement rituel et administratif, cette langue graphique s'est ouverte à une utilisation proprement littéraire, elle a donné naissance à une littérature totalement détournée des genres qui ailleurs sont les premiers piliers de la création littéraire (ceux de l'épopée, du thâtre, du roman), mais qui n'en a pas moins extraordinairement brillé dans ce qui faut considérer comme les deux grands genres de la littérature chinoise : la prose d'idées, où la langue graphique est apte à procurer à la pensée une force d'expression incomparable, et la poésie du sentiment de la nature, où elle peut atteindre un lyrisme sans égal.

C'est que la langue graphique est, littérairement, un instrument bien plus perfectionné que tout ce que peut prêter à la création littéraire une écriture alphabétique, en cela qu'elle double le registre des effets phoniques (ici d'autant plus riches que les prononciations des graphies sont affectées de tons : le chinois est une langue tonale, c'est-à-dire une langue où les oppositions de hauteur dans la prononciation des voyelles ont valeur distinctive) d'une extraordinaire palette d'images sémantiques, dont le déploiement aussi bien que la très forte prégnance sont assurée par la remarquable systématisation du lexique des idéogrammes.

Sans doute la langue graphique est-elle aujourd'hui tombée en désuétude, entièrement remplacée parce que l'on appelle la langue parlée écrite, laquelle n'est plus une traduction en langue graphique du discours parlé mais la transcription mot à mot de ce discours. L'écriture idéographique a été pliée à ce nuvel usage à partir de la fin des Tang, vers le IXe siècle, ce qui a d'ailleurs bientôt entraîné le développement de l'épopée, du théâtre et du roman chinois, précédemment inexistants.

Mais elle n'a pour autant rien perdu de sa vitalité comme art, un art que les Chinois continuent de placer au premier rang des arts plastiques : la calligraphie, art d'exalter plastiquement les images sémantique de l'idéographie. Et si, à la différence de la calligraphie arabe, la calligraphie chinoise n'est pas simplement ornementale mais a toujours été cultivée par et pour elle-même, c'est que son registre n'est pas seulement celui de la trentaite de lettres d'un alphabet, fussent-elles traitées au second degré comme celles d'une écriture sainte, mais celui du sens même des choses, déchiffré par l'idéographie.

Observons encore que la peinture chinoise par excellence, la peinture à l'encre, est fille de la calligraphie : avec la même technique de pinceau que le lettré calligraphe, le peintre lettré ne fait rien d'autre que de substituer, sur son rouleau de papier, aux idéologrammes déchiffrant la réalité du monde, les représentations des objets déchiffrés, peintes en traits de pinceau répondant au même code que celui qui règne sur la calligraphie. En somme, dans la peinture à l'encre comme dans la calligraphie, comme dans la littérature, c'est une même culture idéographique qui décrypte le monde.

samedi 27 février 2010

"When we were Kings"...

C'est la "xième" fois que je revois ce film de Spike Lee sur le phénomène Mohamed Ali et à chaque fois uje suis saisi d'une sorte de transe sacrée. Le parcours de Cassius Clay s'éveillant à la conscience politique d'une autonomie spirituelle et culturelle, jusqu'à son affrontement avec George Foreman, demeure pour moi la plus belle illustration du jihad. L'effort intérieur de la mobilisation totale pour s'élever à la hauteur de son destin sous l'appel de Dieu.

Le réalisateur en a fait un document aux parties variées, comme un panorama de la civilisation américaine de ces deux décennies-là. La présence de B. B. King et de James Brown y est pour beaucoup, l'interview des grands journalistes sportifs, même un écrivain (Norman Mailer) contribue à expliciter la vision, authentique, qui est à la racine de ce film.

Le sens du combat, c'est ce qui nous manque beaucoup, à plusieurs, bien des gens, aujourd'hui, dans notre queue achevante de civilisation "confortable". Ayant perdu le sens du combat je me suis souvent replié sur mon temps sauvé, personnel, égoîste et je le ferai encore... Lorsque cela me cnahtera.

Mes amours chinoises battent de l'aile : difficile de rester en l'air quand il n'y a pas d'appui "à terre". Je ne suis pas encore bien "groundé". Mais cette histoire presque impossible avec Yezi me fournit au moins encore une orientation générale, un ensemble d'objectifs, un but, des buts, qui me redonnent le sens du combat.

Et j'étudie la Chine, sa culture, son histoire, son inquiétant présent. Pendant que l'Occident sortant de sa torpeur va chercher à s'adapter, en redéfinissant de nouveaux équilbres sociaux, insistant sur la science et la créativité artistique et culturelle, la Chine, elle, est engagé dans une grosse mécanique précaire, qui va probablement l'obliger, je crois, à tenter de prendre pratiquement le contrôle de la Terre. Je ne suis pas certain que cela réussisse. Je suis encore moins certain que cette réussite soit souhaitable.

L'avenir, avec ces nombreux défis, un confluent terrible, qui vient, vite, avant la chute peut-être dans le précipice... est, sera passionnant. Je veux en faire partie. Le destin de l'humanité se dessine dans les prochaines décennies.

mercredi 10 février 2010

慈禧太后你是可怕的!-- Tseu Hi, vous êtes terrible ! -- Cixi, you are terrible!

完美的椭圆面 (wán měi de tuǒ yuán miàn)
鼻子高傲性格铁 (bí zi gāo ào xìng gé tiě)
两个眼睛,薄裂缝 (liǎng gè yǎn jīng, báo liè fèng)
打开虚无 (dǎ kāi xū wú)

从美丽的冰恐惧。 (cóng měi lì de bīng kǒng jù。)

你的头时尚 (nǐ de tóu shí shàng)
旋转在长颈天鹅 (xuán zhuǎn zài cháng jǐng tiān é)
计算可怕的决定 (jì suàn kě pà de jué dìng)
这一句话进行的中国命运 (zhè yī jù huà jìn xíng de zhōng guó mìng yùn)

您不为您的臣民的命运案 (nín bù wéi nín de chén mín de mìng yùn àn)
并只对外国野蛮人蔑视, (bìng zhǐ duì wài guó yě mán rén miè shì),
但将来你希望 (dàn jiāng lái nǐ xī wàng)
在过去的伟大的辉煌,沉思固定?(zài guò qù de wěi dà de huī huáng, chén sī gù dìng?)

你的弱点,心紧 (nǐ de ruò diǎn, xīn jǐn)
不知道如何创造艺术 (bù zhī dào rú hé chuàng zào yì shù)
(发明的想法,做一些新的东西!) (fā míng de xiǎng fǎ, zuò yī xiē xīn de dōng xi!)
你知道模仿 (nǐ zhī dào mó fǎng)
模型“美国”立即生命... (mó xíng“měi guó” lì jí shēng mìng...)

没有必要的思想大 (méi yǒu bì yào de sī xiǎng dà)
逮捕千年 (dài bǔ qiān nián)
慈禧太后,你这是可怕的 (cí xī tài hòu, nǐ zhè shì kě pà de)
但空的,对未来的不育。 (dàn kōng hé duì wèi lái de bù yù.)


愿真主保佑我们的战争! (yuàn zhēn zhǔ bǎo yòu wǒ men de zhàn zhēng!)

唉!空虚消费制伏我们。 (āi!kōng xū xiāo fèi zhì fú wǒ men.)
作恶多端的是经过我们。 (zuò è duō duān dì shì jīng guò wǒ men.)
中没有爱情的福地。 (zhōng méi yǒu ài qíng de fú dì.)

活到爱国爱幸福? (huó dào ài guó ài xìng fú?)
当男性进入女性,神笑。 (dāng nán xìng jìn rù nǚ xìng, shén xiào。)
我将刺激长,我美丽的叶子。 (wǒ jiāng cì jī zhǎng, wǒ měi lì de yè zi。)

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Tseu Hi vous êtes terrible !

L'ovale parfait du visage
au nez altier, caractère de fer
entre deux yeux, minces fentes
ouvertes sur le néant

De grande beauté de glace, l'effroi.

Votre tête élégante
Pivotant sur un long cou de cygne
calcule des décisions terribles
qui engagent sur un mot le destin de la Chine

Vous ne faites aucun cas du sort de vos sujets
et n'avez que mépris pour les barbares étrangers,
mais quel avenir pouvez-vous espérer,
fixée dans la contemplation des grandes gloires du passé?

Votre faiblesse, le coeur serré
est de ne pas savoir créer l'art,
(inventer des idées, faire du neuf!)
vous ne savez qu'imiter
les modèles "américains" pour la vie immédiate...

Sans la Grande Pensée nécessaire
qui appréhende les millénaires
Tseu Hi, vous êtes terrible pour le présent
mais vaine et stérile pour l'avenir

Que Dieu nous préserve de la guerre !
Hélas! Le Vide dévorant nous submerge.
Les diables sont à nos trousses.

Qui vivra l'Amour au pays béni ?
Quand le mâle pénètre sa femelle, les dieux rient !
Je vais longuement te lutiner, ma belle Yezi !

Ci Xi, You are terrible!

The perfect oval face
nose haughty character of iron
between two eyes, thin cracks
open on nothingness

From this great frozen beauty, dread.

Your head stylish
Swivel on a swan long neck
calculates terrible decisions
that engage in a word the fate of China

You make no case for the fate of your subjects
and have only contempt for the foreign barbarians,
but what kind of future do you hope
fixed in contemplation of great glories of the past?

Your weakness, heart tight
not able to create art, concepts
you never invent something new!
all you can is imitate "American"
as models for the immediate life

Without the necessary Long Thinking
apprehending millenniums to be :
Cíxǐ, you are terrible for now
but empty and sterile for the future.

May God preserve us from the war!
Alas! sucking void is hungry!
Many devils are after us.

Who will enjoy Love in the favored land?
When male enter his female, gods are laughing.
I will practice you slowly, my dear Yezi.

vendredi 11 décembre 2009

Huo Datong --La Chine sur le divan

Avant rendre ce livre à la bibliothèque, je veux noter les idées à retenir de ce psychanalyste pratiquant. Il était resté à Chengdu lors de la Révolution (en fait anti-)culturelle et a eu accès à la bibliothèque réservée aux cadres du Parti, tout jeune.

Après l'échec de la Révolution Culturelle, il estime que la Chine avait "tout perdu". Il fallait reconstruire mais cela donnait la possiblité de choisir une nouvelle orientation. Il pratique à l'Université du Sichuan, à Chengdu.

Les Chinois semblent comme nous, du moins ils semblent avoir beaucoup en commun avec les Occidentaux. Les différences sont subtiles mais néanmoins importantes. Ils sont faits différemment, et profondément. Portés par une longue tradition culturelle et mis au monde dans un clan (famille élergie, coexistant sur trois générations), ils surestiment moins la conscience individuelle et se confient à la solidité du groupe. Collaboration plus que réalisation personnelle. Faire sa part, réussir pour la famille, oui. Réalisation du grand Ego d'artiste : très rarement.

Leur inconscient est structuré en famille, mais le rapport de filiation semble primer sur la relation maternelle. L'accent est mis plus sur la transmission culturelle que sur la sexualité.

Pruderie et grande méconnaissance du sexe (coupure avec les riches traditions littéraires, taoîste, depuis 1949), mais pas répression traumatique, psycho-personnelle. La culpabilité est plutôt liée à l'image sociale : l'obligation de ne pas perdre la face, de ne pas prêter flanc aux soupcons, de ne pas donner prise aux ragots. Les Chinois sont naturellement modestes (seconde nature, acquise bien sûr, par la pression continuel du touffu groupe social).

Les enfants dorment souvent dans le même lit que les parents, prennent très tôt plus ou moins conscience des rapports sexuels. Le refoulement en n'est que plus diffus, honteux... Ils refoulent même leurs fantasmes !!! Jene sais pas si c'est grave.

Mais c'est peut-être moins traumatique : pas de grande scène originaire. Attention au retour du refoulé cependant. Grand potentiel de cruauté et d'explosion de violence lorsque la libido ne trouve pas de chemin libre.

Pas de culpabilité liée à la castration de type judéo-chrétien, mais plutôt liée au succès et à la reproduction : la famille prime tout et il faut s'assurer d'une descendance (mâle, de préférence). Si on ne fait pas avancer le clan, si on n'a pas de descendance, on a manqué sa vie, malgré toute autre réussite et il en résulte une grande amertume.

Mais tout le monde ne peut pas avoir suivi les préceptes confucianistes. Ainsi, le fait de ne pas avoir eu de graçon reste comme une marque indélébile pour la personne concernée. Il ressentira un très fort sentment d'échec : "J'ai raté ma vie." La morale dominante du peuple ne peut s'imposer à tous. Afin d'éviter une totale malédiction, on trouve alors une issue salutaire dans la pratique du bouddhisme et du taoîsme.
La philosophie bouddhiste appelle à un détachement de toute souffrance comme de tous les bonheurs. Loin des émotions humaines, vous acceptez la fatalité de la vie et de son triste quotidien. Vos aspirations dépassent les contingences terrestres. Hors du monde, la mort n'inquiète pas, elle s'insère dans un cycle infini. L'approche taoîste vise à trouver l'équilibre et l'harmonie en soi à travers la maîtrise de son corps. En poussant la logique jusqu'ua bout, le taoîsme vous mène à la "vie éternelle". Cette démarche n'a jamais cessé de hanter tous les empereurs de la Chine depuis les origines. Le premier d'entre eux avait envoyé des missions au-delà des mers afin de rapporter l'élixir de vie. Les maître du tao ont toujours joué un rôle très important auprès de la Cour impériale et des mandarins. Leur connaissance de la médecine chinoise, des herbes, des animaux, les rendait indispensables. Ils préconisaient des exercices de respiration spécifiques afin de préserver sa santé et un bon équilibre physique. au coeur de ces enseignements, on retrouve des pratiques sexuelles destinées à prolonger sa jeunesse, préserver son énergie positive,s e maintenir en "harmonie".
Il s'agit bien sûr de l'esprit chinois à l'état pur. De nombreux manuels de sexualité existent depuis des siècles dans les bibliothèques des mandarins et des lettrés. On y trouve là aussi une des justifications de la polygamie. Faire souvent l'amour et avec justesse vous remplit de l'énergie de l'autre sans perdre la vôtre. Les moines taoîstes parlent d'un échange d'énergie entre l'homme et la femme. Si un homme ne fait que prendre l'énergie de la femme, le résultat ne donne rien de bon pour les deux. En ce sens, aller dans une maison de prostituées ne contribue pas à un meilleur bien-être. Le taoïsme a énormément contribué à la médecine chinoise depuis trois mille ans. De nombreux traités existent et traitent de toutes les parties du corps, organes sexuels inclus. La sexualité entre dans le catégorie des activités saines pour le corps dans la pensée chinoise.


Mais en Chine aussi, à cause de l'ouverture sur le monde et d'une tendance à l'occidentalisation dans la vie pratique, le patriarchat bat en retraite. Confusion des genres, avec la politique de l'enfant unique : tendance unisexe.

Peur du miroir, peur de la mort, fondamentale. L'importance du nom, déterminant et pesant sur le destin personnel comme pression du désir parental. Naisant dans le Sichuan, province surtout paysanne, la psychanalyse chinoise est très en retard sur l'ébullition culturelle qui se produit dans les villes, affectant profondément les styles de vie et l'humeur, les névroses et conflits psychiques encore non répertoriés. Tout est à faire... si...

L'"enfant empereur" vit une crise déjà au jardin d'enfant, agravée au moment de l'entrée au collège par la pression du succès à tout prix. L'homosexualité est très mal vécue, car toujours taboue. Certains cercles s'émancipent dans les grandes ville où le pouvoir tolère.

Les Chinois (Han) sont très racistes. Ils ont toute un hiérarchie en tête, mais ils sont très tolérants... quand ils sont les plus forts ! Il faut craindre à l'avenir de se retrouver en travers de leur route. Il faudra plutôt trouver des manières habiles de "faire avec"...

...je comprends que la dimension démesurée de la Chine puisse effrayer. Par rapport à notre population, l'Occident se sent minuscule. Les privilégiés issus de la révolution industrielle en Europe déclinent. Les usines ferment en Europe et aux États-Unis. Vous êtes aussi en train de vivre une mutation historique sans équivalent. Vous vivez la fin d'une époque, la fin d'un cycle, et le déséquilibre que cela provoque tuche au narcissisme occidental. De la même façon que les bateaux et les canons anglais ont blessé le narcissisme chinois. C'est pourquoi je peux comprendre vos douleurs.
Dans le même temps, la Chine veut être respectée à sa juste valeur. Le monde va devoir accepter un déplacement du "centre" vital -- l'Occident -- vers la chine. Ce n'est pas la fin du monde. L'Occident n'est pas en train de mourir. Nous aussi, en 1846, au début des guerres de l'opium, nous avons imaginé que c'était la fin de notre histoire. Nous n'avons pas succombé. Les caractères chinois n'ont pas été remplacés par l'alphabet latin... L'histoire chinoise a subi des secousses mais a toujours survécu.


La question est de savoir s'il faut s'en plaindre ou s'en réjouir. Je demande à voir et je demeure sur la brèche pour la poursuite de longues études...

Corruption, jeu, dépendances : les Chinois n'ont pas intériorisé la loi. La limite est toujours floue entre le licite et l'illicite. Tempéramment de joueur ici. On va essayer un peu, tester les limites. Approche pragmatique. Justifie peut-être la méthode répressive dure. Seule la peur fait reculer le joueur pragmatique !

Il me semble qu'actuellement pour la Chine, les États-Unis déclinants sont un fabuleux partenaire d'entraînement... au grand sport de la domination mondiale !